Assortiment des documents du livre la maison Manquante
Exemple d'un fac similé d'asuweis du livre La maison manquante
Exemple de fac simile du livre La Maison manquante
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Divers docuements du conenu de La Maison Manquante
 
Détail d'un document de La Maison Manquante
 
Détail d'un docuement de La maison Manquante
 

CHRISTIAN BOLTANSKI

LA MAISON MANQUANTE (The Missing House)

Le synopsis :

C’est par hasard que nous découvrîmes la maison de la Grosse-Hamburger-Strasse : j’étais invité à une exposition qui devait se tenir dans différents lieux de Berlin, et c’est en allant voir les ruines de la grande synagogue que je remarquai ce bâtiment en assez bon état, mais dont la partie centrale avait totalement disparu.
La Grosse-Hamburger-Strasse est une rue calme, un peu à l’abandon. Il y a une église catholique juste en face de la maison. On m’indique les restes d’une école et d’un hospice juif, un peu plus loin un hôpital protestant. Le café n’a pas changé depuis l’avant-guerre, les habitants ont, eux, pour la plupart disparu. les survivants nous ont raconté plein d’histoires sur les locataires du bâtiment qui parfois se mélangent dans ma tête : celui qui est en costume de bain assis sur un transat s’est tué peu de temps après la fin de la guerre ; des deux jeunes femmes qui se tiennent par la main, seule une a survécu à l’extermination et vit aujourd’hui en Israël ; la femme qui boit le thé est celle qui aujourd’hui nous raconte ses souvenirs. C’est celui qui est à gauche du professeur qui nous a donné le nom de ses camarades qui l’entourent sur cette photo prise en 1938 dans la cour de l’école juive de la Grosse-Hamburger-Strasse : il ne sait pas ce que la plupart sont devenus, mais il croit que tous ceux qui jouaient avec lui dans l’orchestre de l’école sont morts.
Il reste de nombreux documents sur les habitants juifs de l’immeuble. Fichés par la police, il est facile aujourd’hui de retrouver leur trace. Ils devaient notamment fournir une liste exhaustive des objets qui se trouvaient chez eux. Le petit banc en bois, aujourd’hui chez Madame Kalies, est inscrit dans l’inventaire de la famille Budzislawsky. Madame Kalies vit maintenant au troisième étage du bâtiment A. Elle était là le jour du bombardement et se souvient de tout. Chez elle on peut voir au mur un portrait de son fils à la sanguine, des photographies : elle, jeune fille, son mari, son fils prenant son bain dans une des baignoires collectives situées dans les combles de l’immeuble.
Kurt Porteset (1928-1945) habitait au deuxième étage du bâtiment A. Très jeune, il aimait dessiner et, pendant les alertes dans l’abri placé sous la maison, il aimait « croquer » ses voisins. Il mourut dans le bombardement de 1945. Son frère a conservé son carnet de dessins, l’album de photographies et les papiers de la famille.
Schnapp travaillait à la maison de retraite qui, placée ente l’école et le cimetière, se trouvait juste en face de la maison. Il habitait au quatrième étage. Il fut déporté en 1943 et ne revint pas. Il avait été un membre important de la communauté juive du quartier.
C’est lors du bombardement du 3 février 1945 que la partie centrale de l’immeuble fut détruite par une bombe. Le journal Völkischer Beobachter parle de ce bombardement comme l’un des plus violents de ces semaines terribles. Sur le cahier de quittances conservé par le frère de Kurt Porteset, on peut voir que tous les loyers ont été régulièrement payés, sauf celui du mois de mai 1945.

   
 
 
Mise à jour le 27.06.2011 © 2011 Juliette Gourlat I Jnf Editions